The River I Step In

C’est moi,
La fille aux pieds dans la boue,
Celle qui n’avait rien,
Mais dont les yeux brillaient de tout, avec tout,
Celle dont la tête était pleine de rêves,
Le cœur plein d’espoirs,
Et les yeux pleins d’étoiles,
Celle qui allait à l’école avec une chaussette d’une couleur,
Et une autre d’une couleur différente,
Sous la pluie,
Courant en souriant au rythme des gouttes de pluie,
C’est moi,
Celle qui jouait avec la terre,
Celle qui dévalait les montagnes,
Celle qui grimpait aux arbres pour rêver de voler,
Pour me sentir en harmonie avec le soleil et les feuilles,Je suis la fille de ce paradis et de ces buissons,
Une partie de l’eau qui coule sous mes pieds,
Qui me transporte autant qu’elle m'apaise,
Je suis le chant des oiseaux,
Je suis le silence de la nuit,
L’air frais que je respire,
Avec le parfum de la rivière noire,
Et le soleil rouge.Enfant, je lisais des heures durant sous un arbre, mon arbre,
Mon paradis bien-aimé
Que mon père avait planté pour moi,
Je rêvais d’un jour,
Trouver ma place,
Dans un lieu éloigné,
Où le vert de l’herbe et le bleu du ciel,
Empliraient mon cœur et mon univers.
Aujourd’hui, je suis la même enfant,
Avec plus de marques sur ma peau et dans mon âme,
Je rêve encore, les pieds dans la boue,
Et avec les arbres qui m’entourent, implacables, solennels…
À la différence qu’aujourd'hui, je ne rêve plus d’aller au loin pour trouver ma place.
Ma place est ici et maintenant,
Elle est partout,
Elle est en moi et dans la nature vivante sous mes pieds,
Dans la nature vivante, vibrante et latente qui réside en moi.
Ma place, c’est mon corps,
Ma maison, mon espace intérieur,
Ma place, c’est mon centre,
Et mon centre, c’est mon univers, mon temple, ma place.Maria Magdalena Ruiz Diaz